réflexions sur le black friday

Depuis la création de salut beauté, nous n’avons pas pris part au Black Friday pour une seule et bonne raison : nous n’avions pas de stock à écouler et pratiquer des réductions lors du Black Friday n’aurait eu aucun sens. Ceci étant dit, voici notre réflexion sur le sujet qui, on l’espère, pourra venir nuancer le débat.
 
Black Friday approche. Depuis plusieurs années, à cette période, on peut observer une sorte de schizophrénie et de frénésie, du côté de ses adeptes comme du côté de ses détracteurs. 
 
Pour se rendre compte de cette frénésie, il suffit d’aller faire un tour sur Instagram. Entre promotions et diabolisation, on ne sait plus comment se positionner, quoi penser, quoi acheter, quand, comment. Malgré l’incroyable puissance d’Instagram et sa portée indéniablement bénéfique pour la plupart des petites et moyennes entreprises, ce réseau social a un défaut majeur : il n’est pas nuancé. 
 
On le sait, rien n’est tout noir ou tout blanc ici bas. Certes… sauf sur Instagram. Pourquoi ? Car « les gens sont sur-sollicités », « tu as 2 sec maximum d’attention de la part de tes followers », « le message doit être simple et tranché pour passer ». C’est complètement vrai. Mais si tout le monde part de ce postulat, n’est-ce pas incroyablement dangereux ? Un réseau social ne devrait-il pas pousser à la réflexion au lieu de lancer des banalités manichéennes à tour de bras dans un objectif de simplifier un message qui du coup perd toute substance ?
Le déficit d’attention des gens est-il une raison suffisante pour les prendre pour des cons ?
 
C’est une première chose. 
 
Revenons à notre cher Black Friday. Dans le monde gentil/méchant qu’est Instagram, les marques qui pratiquent des promotions lors du Black Friday sont le diable incarné, alimentant une surconsommation éhontée. Les autres sont du bon côté de la barrière, sans nuance.
 
Ainsi, on diabolise les marques qui pratiquent le Black Friday ainsi que les consommateurs.rices qui achètent lors du Black Friday. Cette simplification d’une problématique bien plus complexe est exactement à l’origine du phénomène qu’on appelle « green washing », qui consiste à brandir un argument éco-responsable de manière ponctuelle, sans aucun travail long-terme sous-jacent. Autrement dit : ce n’est pas parce qu’une marque pratique Black Friday que c’est un diable capitaliste et inversement, ce n’est pas parce qu’une marque revendique sa non-participation à Black Friday qu’elle est irréprochable.
 
Les soldes font à l’origine partie d’un cercle vertueux qui consiste à écouler les stocks de la saison précédente. 99,9% des marques, même des marques comme la nôtre qui pratiquent l’upcycling et la précommande (et qui produisent donc des quantités très limitées), peuvent être, à un instant t, amenées à « déstocker » en pratiquant des réductions (notamment en cette année très compliquée). De nombreuses marques le font dans une dynamique business plutôt pragmatique, qui ne remet absolument pas en cause tous les efforts qu'elles font au quotidien dans le cadre de leur démarche responsable.
 
Il faut aussi être conscient que le choix de ne pas faire Black Friday implique pour les marques une invisibilité totale en cette période et par suite, un chiffre d’affaires largement tronqué. 
 
D’un autre côté, nous sommes bien d’accord que Black Friday laisse place à des dérives aberrantes. Mais ces dérives ne sont pas visibles que lors du Black Friday : aujourd’hui, plus de 50% des vêtements sont vendus en soldes en France. Ainsi, on voit bien que le cercle vertueux des soldes a été brisé depuis bien longtemps. Aujourd’hui, certaines marques produisent exclusivement en vue du Black Friday, sachant pertinemment qu’elles vont vendre à prix barrés.
  
Bref, le Black Friday est certes un symbole, mais il est simplement un symptôme d’un problème bien plus global. Le green washing, le manque d’informations, le manque de transparence derrière les prix et les méthodes de fabrication, la diabolisation gratuite non documentée : voici les vrais problèmes systémiques auxquels nous avons à faire, qui mènent à une incompréhension totale chez le consommateur sur ce qu’il doit acheter ou non pour s’inscrire dans une démarche plus responsable. 
 
Encore une fois, la big picture est importante en toute situation. L’engagement militant est une excellente chose, une démarche ô combien importante. Mais évitons les raccourcis trop faciles qui sont aujourd’hui en grande partie responsables d’une confusion globale en ce qui concerne l’éco-responsabilité. 
 
 
Conclusion : vive la transparence !
receipt salut beauté